Saemss-cusems.com- Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire du Sénégal

Historique

Une tradition de lutte fondée en principe

Je voudrais au nom des enseignants du moyen et secondaire du Sénégal et au mien propre exprimer au si prestigieux auditoire que vous formez l’honneur la fierté et en même temps la forte émotion que je ressens en ce moment précis.

Vous êtes venus de toutes les régions du senegal de tous les départements de toutes les communes et communautés rurales. Je vous salue chaleureusement et vous souhaite la cordiale bienvenue. Je ne saurais continuer sans avoir une pensée pieuse pour tous les compagnons de lutte arrachés à notre affection : je veux parler de Mady Coly décédé en 1998 de Philippes Ndour rappelé à Dieu en juillet 2OO7 et de Thierno Kane récemment. Des camarades dont l’engagement et la  détermination nous ont valu beaucoup de satisfaction et succès.

Qu’il me soit permis à ce moment solennel d’avoir une pensée pieuse pour une personne qui m’est très chères et dont l’engagement à nos cotés n’a jamais fait défaut, surtout durant les périodes de doute et d’incertitude. Enseignant émérite, vaillant défenseur de l’école publique, ses conseils avisés guident toujours notre action. Je veux nommer feu Sega Seck Fall ancien directeur de l’école normale supérieure.

Que Dieu le tout puissant répande sa miséricorde sur eux et les accueille en son paradis céleste.

Assurément ce jour est un grand jour, un grand jour pour notre grande organisation : le syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire (S.A.E.M.S.S.).

La tenue de cette rencontre est à la fois historique et exceptionnelle car c’est la première du genre de notre organisation : première force syndicale du moyen et secondaire.

Ce moment est exceptionnel car il a fallu beaucoup d’abnégation et de courage pour braver les multiples obstacles qui étaient dressés sur notre chemin et en arriver là aujourd’hui.

En disant ces mots, loin de nous l’idée de verser dans l’autosatisfaction car nous savons que dans la trajectoire des organisations sociales notamment celles syndicales seul le chemin qui reste à parcourir doit être l’objectif prioritaire.

 

Mesdames, Messieurs les congressistes

Honorables invités

Nous tenons notre premier congrès ordinaire du Saemss, la solennité du moment, son caractère historique, le réel besoin de réflexion pour bien tracer la voie de notre noble ambition tout ceci disais-je ne peut et ne doit nous empêcher de revisiter quelques frissons, ses premiers balbutiements, ses premières heures, ses premières étapes…

Notre rassemblement de ce matin prouve si besoin en est que les efforts et sacrifices consentis, n’ont pas été vains car nous avons apporté une grande contribution dans l’écriture des plus belles pages de l’histoire du mouvement syndical.

 

Chers camarades, honorables invités je pus affirmer sans risque aucun de me tromper que le Saemss est le fils de la politique d’ajustement structurel. Plus qu’une réponse il est un mouvement de riposte contre le désengagement de l’Etat des secteurs sociaux (Education, Santé) considérés à tort à l’époque comme des secteurs coûteux, improductifs et non porteurs de croissance.

Durant cette période d’hérésie économique, le Sénégal fut livré aux errements assassins des institutions de Brettons woods et le gouvernement, sous le lénifiant slogan du moins d’Etat mieux d’Etat, mué en conseil d’administration en charge de conférer l’apparence de la légalité aux décisions iniques des bailleurs de fonds.

C’est pour faire face à la fragilisation de la fonction enseignante et au sabordage de l’école publique que de jeunes professeurs de divers horizons se sont retrouvés le 3 avril 2001 dans le mythique amphithéâtre Kocc Barma Fall pour porter sur les fonds baptismaux le SAEMSS.Cependant l’idée de mettre sur place un syndicat véritablement autonome voué exclusivement à la défense de l’école et des enseignants, plonge ses racines dans la lutte épique menée entre 1995 et 2000 à l’ENS et dont le point d’orgue fut la grève de faim de 1997

Comme vous pouvez le voir la tradition de lutte de notre syndicat remonte de loin.

C’est très tôt que nous avons pris conscience de notre rôle historique dans la prise en charge des grandes préoccupations des professeurs.

Par l’analyse et la pratique nous nous sommes forgés un idéal de liberté et fraternité dans le combat. Je dis liberté par respect au groupe de jeunes intellectuels que nous étions à l’époque car comme le reconnaît le philosophe « la liberté est le sentiment des âmes élevés : elle produit les grandes actions, crée les grandes patries et fonde les institutions durables. »

Pour en arriver là, il fallait nécessairement sortir des sentiers battus, refuser le confort du statut quo et remettre en question les certitudes.

Nous nous sommes attelés à ces tâches sans relâche armés de la forte conviction que les changements que nous attendions étaient arrivés à maturité et l’opportunité nous était offerte d’instaurer un nouvel ordre syndical.

Aussi il fallait le vouloir pour le pouvoir. De trente trois membres en fin 2OO4 date d’obtention du récipissé portant reconnaissance officielle du SAEMSS, nous sommes aujourd’hui à environ 8ooo membres. Ces chiffres suffisent à eux seuls pour mesurer tout le travail qui aura été accompli pour permettre la construction d’un nouvel appareil de mobilisation qui a fini de reconfigurer les rapports de force dans le moyen secondaire faisant jouer au SAEMSS les premiers rôles.

Mais ce n’est pas que cela. Les acquis engrangés par notre jeune organisation dépasse de loin ce qui a été toujours obtenu pour les enseignants tant du point de vue de la rémunération que du plan de carrière/

Je souligne cela non pas pour céder à l’autoglorification mais pour exprimer toute ma reconnaissance et ma gratitude aux acteurs à la base que vous êtes qui, dans l’ombre et sous le voile de l’anonymat ont fourni les efforts méritoires qui nous b valent ces résultats dignes d’éloge.

Ainsi grâce à votre engagement le SAEMSS a pris date avec l’histoire.

Ceci pour dire et pour qu’on le comprenne ainsi que le syndicat a grandi et a de nouveaux enjeux.

Appréhendé sous cet angle vous concevrais aisément qu’il nous faut user de toute notre intelligence pour opérer les chis stratégiques qui vont jalonner notre parcours.

Opérer des chois non pas tel le pensent ou le veulent les autres mais tels nous jugeons et tel que cela corrobore avec nos principes. Nous n’avons donc pas besoin de regarder avec les yeux des autres. Rien ne nous a été offert, nous avons tout arraché. Nous avons combattu ferme pour inscrire en lettre d’or le nom du saemss sur l’échiquier syndical national. En un moment où l’espoir n’était pas permis, quand beaucoup avaient cédé au découragement et à la résignation nous avons gardé espoir ; certes comme le dit le poète « Toute espérance est un risque », nous avons cas même espéré et cet espoir n’a pas été déçu parce que nous en avons décidé ainsi par notre unité,notre solidarité,notre dévouement et notre humilité qui,rappelons le est la marque de la grandeur humaine .

Je ne saurais poursuivre sans évoquer quelques temps forts de la vie de notre organisation.

Ces instants pour moi et pour la plupart d’entre nous se situent entre 2OO6 ,2OO7 et 2OO9.

La première période indiquée nous replonge dans la lutte historique de 2006 où sous la bannière du CUSEMS (appellation proposée par le SAEMSS), l’essentiel des enseignants du moyen et secondaire s’était mobolisé pour faire aboutir la plate forme revendicative articulée autour de la revalorisation de la fonction de professeur.

Des acquis importants ont été obtenus au terme de l’action revendicative.L’impact de la lutte du CUSEMS en tant qu’électrochoc psychologique dans la revalorisation du concept de soi de l’enseignant Sénégalais malmené par un quart de siècle de ravalement reste encore difficile à évaluer.

Le rôle d’avant-gardiste du SAEMSS nous a permis l’essentiel des retombées de la lutte en termes de massification, ce qui ne sera jamais pardonné.

La deuxième étape est celle là, que d’aucuns ont désigné sous le vocable de crise de croissance née de notre entrée au CES.

Comme je l’ai rappelé tantôt, notre réussite n’a pas fait que des heureux.

La convocation du Conseil National le 19 Août a été un grand moment de discussion  critique et une formidable occasion pour mesurer la solidité de notre œuvre commune.

Les crises et les contradictions jalonnent le parcours des organisations sociales, l’essentiel est de gérer avec maturité » et lucidité de sorte que la structure en sorte renforcée et aguerrie. Nous devrions même être inquiets si tout marchait comme sur des roulettes. Des remises en cause sont toujours nécessaires pour nous permettre de recentrer et d’améliorer notre pratique.

Nous nous désolons que des camarades avec qui nous avons partagé d’intenses moments de lutte et cherché à saper l’unité et l’intégrité du syndicat.

La question du Conseil Economique et Social a été tout juste un bon prétexte pour certains pour se positionner et forcé la porte de l’histoire pour y enter par effraction malheureusement  ce n’est pas dans le délire injurieux, la calomnie,  les allégations mensongères et les élucubrations puériles qu’on réussira à se faire un nom. Ils ont échoué  le verdit de l’histoire a été implacable et nous continuons notre chemin sans trop regardé dans le rétroviseur.

La tentative de transformer le SNEMS en CUSEMS par le biais de Galimatias dénoué de sens à connu le sort.

 

Mbaye Fall LEYE